L’histoire de la magie
Les débuts historiques
Le premier magicien mentionné dans les écrits (Papyrus de Westcar conservé au musée d’art égyptien de Berlin-Charlottenburg) est égyptien. Il s’appelait Dedi de Dedsnefru (ou Medoum), était magicien de la Cour du Pharaon Kheops et a vécu environ en 2700 avant J.C. (il décapitait une oie, un canard et un boeuf et … leur rendait leurs têtes). Les prêtres égyptiens utilisaient des techniques de mécanique et de physique pour simuler des dons surnaturels, par exemple, l’ouverture automatique des portes des temples.
Bien plus tard la magie du spectacle s’est développée : un des tours de prestidigitation les plus anciens est le fameux tour des balles et des gobelets (il a résisté vaillamment à l’épreuve du temps). Les tours de pièces, de dés, puis plus tard de cartes (au 14ème siècle pour ces dernières) ne sont apparus qu’au Moyen Age et complétaient les numéros de jonglerie, de dressage et d’acrobaties sur les places publiques, dans les fêtes ou chez les riches.
Après cette période, les magiciens sont soupçonnés de sorcellerie, de commerce avec le diable et condamnés à mort. La distinction entre tours d’adresse et sorcellerie ne se fait qu’à partir de 1584, quand un Anglais, Reginald Scot, publie un livre intitulé “The Discoverie of Witchcraft” (dans lequel il dévoile de nombreuses passes) afin de convaincre le roi d’Ecosse (Jacques I) qu’il était injuste de condamner des artistes.
En France
Un livre est publié aussi la même année : “La première partie des subtiles et plaisantes inventions” par J. Prevost. Tous ces livres dévoilant les secrets pour la bonne cause annoncent le début de la substitution du terme de “physique amusante” à celui de “magie”. Cela favorise la création de trucages de la scène (des trappes, des appareils cachés derrière les rideaux) dont la “magie moderne” fera bon usage notamment grâce à un Français : Robert Houdin (Jean Eugène Robert, né le 7 décembre 1805 à Blois et mort le 13 juin 1871). Ayant entrepris une carrière d’horloger comme son père, il fabriquera d’incroyables automates utilisant les principes de la mécanique et de l’horlogerie. Le style de Robert Houdin, entre élégance et ingéniosité, ouvre les portes de l’âge d’or de la magie cela devient un art à part entière. Il ouvre son propre établissement, le “Théâtre des Soirées Fantastiques” et donne sa première représentation en 1845. Les Parisiens accourent pour voir son spectacle et il est demandé dans les cours des souverains étrangers. Il sera envoyé en Afrique pour montrer aux fakirs et aux marabouts que la magie française est supérieure à la magie des fakirs.
Fin 19ème siècle, la prestidigitation connaît à cette époque beaucoup de grands magiciens : Les Herrmann, Maskelyne (qui crée le “Mystery Hall” à Londres) , Houdini (le “Roi de l’évasion”), Robinson (mort pendant le tour de la cible vivante !), Horace Goldin (inventeur de la femme coupée en deux), Kalanag, Robert Harbin (inventeur de la femme zig-zag). Entre chaque grande illusion, les artistes font de petits numéros devant le rideau avec des cordes, des foulards, des cartes, pour avoir le temps d’installer le matériel de l’illusion suivante. Petit à petit ces numéros deviennent un spectacle à part entière avec Howard Thurston, Cardini, Thomas Nelson Downs (le “Roi des pièces”).
L’arrivée du close-up (mot venant du cinéma : “gros plan”) ou la magie rapprochée.
La génération des “Maîtres” en fera son affaire, avec entre autres : le “Professeur” Vernon, les rois de la misdirection tels que Tony Slydini ou John Ramsay (celui qui reste connu pour sa seule subtilité de tenue de pièce à l’empalmage des doigts). Mais aussi Arturo de Ascanio, Johnny Thomson (”The Great Tomsoni”), Fred Kaps (le plus grand magicien du monde), Albert Goshman, ou encore le manchot argentin René Lavand….
Toutes ces sortes de magies trouvent un nouveau terrain d’accueil : la télévision. David Copperfield aligne show sur show aux Etats-Unis avec toujours plus de succès bientôt suivi par les jeunes loups comme David Blaine, Chris Angel, qui inventent ou réinventent la magie de rue. Paul Daniels en Angleterre et Juan Tamariz en Espagne sont de véritables stars tandis que Gérard Majax, puis Bilis et Sylvain Mirouf s’arrachent ce qu’il reste de la réputation de la magie en France.
